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Plaidoyer pour la protection des sages-femmes face au COVID 19

A l’instar de la communauté internationale, le Sénégal a marqué la célébration de la journée internationale de la sage-femme le 05 Mai, placée sous le thème « les sages-femmes avec les femmes : célébrer, démontrer, mobiliser, unir - A nous, Maintenant ». Dans un contexte marqué par la pandémie COVID 19, l’occasion a été saisie pour renforcer le plaidoyer pour une plus grande protection des sages-femmes en vue d’assurer la continuité des services de santé sexuelle et reproductive.

Plateaux de télévision, émissions de radio, facebook live, la Présidente de l’Association Nationale des Sages-Femmes d’Etat du Sénégal (ANSFES), en partenariat avec le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant (DSME),  a arpenté les médias et les réseaux sociaux pour faire entendre la voix des sages-femmes.

Dans l’exercice de leur fonction en cette période de crise, les sages-femmes risquent leur propre vie pour sauver celle des femmes enceintes et des nouveau-nés qui sont aussi exposés au COVID 19.

« Les femmes continuent de tomber enceintes et d'accoucher. En tant qu'agents de santé de première ligne, les sages-femmes sont particulièrement vulnérables au coronavirus. Nous appelons l’Etat et les partenaires à renforcer les mesures prises pour protéger les sages-femmes en les dotant davantage d’équipement de protection individuelle et collective », a plaidé Mme Bigué Bâ Mbodj.

Partenaires stratégiques de l’ANSFES, le Ministère de la Santé et l’Action sociale et UNFPA ont salué le dévouement et l’engagement des sages-femmes qui sont essentielles pour assurer des grossesses et des naissances sans danger même en temps de crise. Pour la Représentante Résidente de l’UNFPA, Cécile Compaoré Zoungrana.

« Les sages-femmes jouent un rôle essentiel dans la réponse aux urgences de santé publique comme COVID 19. Il est impératif d’assurer leur protection afin de leur permettre de fournir les services essentiels de santé sexuelle et reproductive ».

Le Sénégal a fait des progrès dans la réduction de la mortalité maternelle passant de 555 en 1992 à 236 décès pour 100000 naissances vivantes en 2017(EDS 2017), soit une baisse de 319 points. Malgré les efforts consentis, la mortalité maternelle reste toujours un défi. Cette situation pourrait être exacerbée par la pandémie du COVID 19 qui risque de réduire l’offre mais aussi l’utilisation des services pendant la grossesse, l’accouchement et la période néonatale mais aussi chez les adolescents(es)/jeunes sans oublier l’accès aux services de planification familiale.

« Nous venons d’effectuer des missions de supervision au niveau des structures de santé pour nous enquérir de la continuité des services de santé sexuelle et reproductive. Nous avons constaté une baisse de la fréquentation des structures de santé. Nous sommes en train de prendre toutes les mesures idoines pour faire en sorte que les femmes en âge de reproduction particulièrement les femmes enceintes puissent continuer à bénéficier de services de santé adaptés à leurs besoins », a rassuré Dr Omar Sarr, Directeur de la Santé de la Mère et de l’Enfant.

L’Association Nationale des Sages-Femmes d’Etat du Sénégal (ANSFES) marque chaque année la célébration de la journée internationale qui leur est dédiée surtout que l’OMS a décrété 2020, année internationale de la sage-femme. « L’objectif est de rappeler le rôle des sages-femmes à l’amélioration de la santé maternelle et néonatale et de l’adolescent, partager les solutions préconisées pour la continuité des services en situation d’épidémie du COVID19 mais aussi la mobilisation communautaire, faire le plaidoyer en faveur de la pratique de sages-femmes y compris en situation d’épidémie », a rappelé la Présidente de l’ANSFES, Mme Bigué Bâ Mbodj.