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Mobilisation et implication du personnel de la santé pour accélérer la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines

La Journée mondiale « Tolérance zéro » excision a été célébrée, le 6 février 2015, dans la commune de Djeddah Thiaroye Kao, dans le département de Pikine, sur le thème : « Mobilisation et implication du personnel de la santé pour accélérer la Tolérance zéro aux mutilations génitales féminines ».

Moment de plaidoyer et de sensibilisation à l'endroit des pouvoirs publics, des décideurs et des communautés pour l'abandon de l'excision, la célébration de la Journée mondiale de l’excision a été mise à profit pour faire le point sur cette pratique qui persiste encore malgré les efforts incommensurables déployés par les pouvoirs publics avec l'appui des partenaires et de la société civile.

En effet, les résultats de l'Enquête démographique et de santé (Eds-Mics, 2010/2011) ont montré que 26 % des femmes de 15 à 49 ans déclarent avoir été excisées contre 28 % en 2005. Un taux qui cache des disparités selon les régions.

Baye Racine Adama Ndiaye, représentant le ministre de la Femme, a précisé qu'il y a des raisons d'espérer un recul significatif de cette pratique si l'on se réfère aux résultats d'une étude récente sur les déterminants, la dynamique de baisse et les sources de changements entre 2005 et 2010 en matière de mutilations génitales féminines au Sénégal.

Il a soutenu que la lutte contre l'excision doit être une priorité soutenue par tous les acteurs et par la communauté, compte tenu de ses consé- quences néfastes.

A en croire M. Ndiaye, une étude menée par l’Oms sur des femmes qui ont fréquenté les centres de santé dans six pays africains a montré que les accouchements de celles ayant subi l'excision se présentent avec des complications, notamment des césariennes, des saignements postpartum et des ruptures périnéales.

Les complications à long terme comprennent des douleurs chroniques et des infections urinaires. Des conséquences psychologiques avec la dépression et les pertes de mémoire sont aussi notées.

Une situation rendue préoccupante par les tendances émergentes soulignées par l'étude migration et excision de 2012 avec la médicalisation de la pratique, la traversée des frontières et le phénomène des mères.

La Représentante Résidente du Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa), Andrea Wojnar Diagne a rappelé que plus de 130 millions de filles et de femmes ont subi des mutilations génitales féminines à travers le monde et que, chaque année, environ 3 millions de filles sont excisées. En Afrique, environ 92 millions de femmes et de jeunes filles ont été excisées, parfois dès l’âge de 10 ans.