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J’ai sauvé ma petite sœur de l’excision

13 mars 2019

La demoiselle Coumba Mballo s’est engagée dans les activités de sensibilisation par conviction. Cette militante excisée à l’âge de 8 ans a élevé la voix lorsque sa grand-mère a décidé d’exciser sa petite sœur. « J’avais 8 ans, lorsqu’on m’avait excisée. J’ai vécu après les conséquences. Lorsque ma grand-mère a voulu exciser ma petite sœur, je me suis opposée. Je l’ai sauvée de l’excision », se félicite Coumba Mballo, la Présidente du Club de jeunes filles de Saré Kémo, un quartier de Kolda, une zone de forte prévalence de l’excision. Dans cette région, le pourcentage des filles de moins de 15 ans excisées est passé de 46% en 2016 à 35 % en 2017.

Coumba Mballo a été en première ligne dans la campagne #TouchePasAmaSoeur. Comme, elle, près de 1600 filles membres des clubs de jeunes filles ont pris une part active dans cette campagne dont l’objectif est de contribuer à l’amélioration de l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive au profit des adolescents et jeunes en particulier les plus vulnérables et la lutte contre les Violences basées sur le Genre (VBG), les mariages d’enfant et l’excision.

Pour arriver à ce résultat, les clubs des jeunes filles de Kolda ont déroulé plusieurs stratégies de communication sur les réseaux sociaux et à travers des émissions radio pour sensibiliser leurs pairs sur l’importance de s’engager en faveur de l’abandon de l’excision.

 

Au Sénégal, les jeunes se mobilisent de plus en plus pour mettre fin à cette pratique néfaste à leur santé. Ils ont réitéré leur engagement, lors de la journée internationale  de tolérance zéro face aux mutilations génitales féminines, célébrée le 6 février 2019, au Ministère de la Femme, de la Famille et du genre, sous le thème « traduire les décisions politiques en actions concrètes à la base pour accélérer l’atteinte de la tolérance zéro aux Mutilations Génitales Féminines en 2030. »

 

La prévalence de l’excision chez les filles de moins de 15 ans a légèrement baissé depuis 2013, mais elle stagne au niveau national avec 14% des filles de 0-14 ans qui sont excisées. « Nos résultats ne s’accordent pas avec les attentes. Il nous faut alors accélérer pour être au rendez- vous de  2030 » a soutenu Ciré Lo, Directeur de Cabinet du Ministre de la Femme, de la Famille et du Genre. Il a invité les acteurs à innover dans les stratégies d’intervention pour mettre fin à l’excision.

La campagne #TouchePasAmaSoeur a été considérée comme une bonne pratique. Le GEEP (Groupe d’Etude et l’Enseignement de la Population) a, lors de la journée, présenté les résultats de cette campagne à laquelle elle a participé. Elle a ciblé les élèves et étudiants, à travers des activités de mobilisation virtuelle et physique. Près de 7.850.286 personnes ont été touchées sur les réseaux sociaux à travers la campagne #TouchePasAmaSoeur.